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Evegnée | Notre Dame

MILLE ANS D'HISTOIRE

La première mention attestée de l'existence de la chapelle d'Évegnée est une charte de 1398 où nous lisons : "nostre damme d'Evregneez".

Mais il est certain que, vers l'an mille déjà, on venait vénérer dans une petite chapelle une des plus anciennes vierges du pays, une "Sedes Sapientiae" datée des environs de 1050.

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Pottier Isabelle

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Dans le chœur, la vierge polychromée de style ogival date du XIIIe siècle. Elle a une réputation miraculeuse et nombreux ont été au cours des siècles les témoignages de son pouvoir.

L'édifice actuel date de 1695 comme l'atteste l'inscription du porche (H. G. 1695).

Le 15 août 1950, des fêtes grandioses marquèrent le neuvième centenaire du culte à Notre-Dame-d'Évegnée et l'édifice lui-même pourrait sans doute bientôt atteindre l'âge de mille ans ...

VISITE DETAILLEE

  1. VUE DE L'EXTERIEUR

Avant d'entrer, admirons la très belle enceinte en moellons et briques agrémentée de grilles en fer forgé, puis passons sous le portail en pierre surmontée d'un fronton cintré, reconstitution de celui du XIXe siècle. Nous nous trouvons alors dans la cour intérieure et le cimetière.

Ombragée par un tilleul séculaire (on dit qu'il aura bientôt 350 ans) encastré dans le mur d'enceinte (l'arbre est classé par A. R. du 24 juillet 1936), l'église Notre-Dame que tout le monde appelle "la chapelle", est construite en moellons et pierres du pays avec des cordons de tuffeau. Cet édifice roman comporte une nef unique terminée par une abside à trois pans ; il est surmonté, en façade, d'un clocher carré et trapu et précédé d'un porche couvert d'un toit en bâtière.

Dans le soubassement des murs extérieurs sont encastrées des croix funéraires dont la plupart datent du XVIIe siècle, avant la reconstruction de 1695. Dans une croix (la première à droite) est taillée l'image de la Vierge, fait très rare et qui atteste un culte particulier à Notre-Dame.

 

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2. LE PORCHE

À la clef du porche, sous la niche qui abrite une petite vierge, on peut lire H.G. 1695. Ces initiales s'expliquent quand, à l'intérieur du porche, au-dessus de la grille d'entrée on lit : "je suis rebâtie du temps de Henry Grailet, Mambourg l'an 1695. C'est en effet de cette époque que date l'édifice actuel.

Deux remarquables pierres tombales qui se trouvaient intégrées au pavement de la chapelle y ont été dressées pour les soustraire à une lente dégradation par le frottement des pas.

Celle de droite, dite de Jean de Monfort, date de 1531. Elle représente deux personnages, un homme armé et son épouse. L'inscription qui l'entoure, devenue malheureusement presque illisible : "chy giest Johan Bastin dits de Monfort qui trespassat l'an XV CXXXI en moys de october le XXV jour et damoissel Elisabet son espus qui trespassa l'a(n) XV ... ".

Jean Bastin ou Jean de Xhéneumont était en 1494 capitaine du château de Monfort-sur-Ourthe. Vers la fin de sa vie, il vint occuper et exploiter une importante métairie qu'il possédait à Évegnée.

Celle de gauche couvrait la sépulture de Barnabé de Fléron (mort en 1675) et Marie Hariga (morte en 1682).  

3. LA NEF

Franchissons la grille en fer forgé (style Louis XIV, vers 1925) et pénétrons sous le jubé : le plafond, imité de celui de la chapelle de Noblehaye à Bolland, a été décoré par Y. VOLDERS de Fléron (entre 1919 et 1925) de motifs végétaux soulignés de dorures.

Il est soutenu par deux colonnes cylindriques monolithes dont les fûts sont sculptés d'armoiries accompagnées d'un texte.

Sur celle de gauche, nous lisons : "Jean-Louis Cleroz pasteur de Sereyxh (=Cerexhe)".

Sur celle de droite : "Nicolas de Libert IV, mayeur du pont d'Amercoeur. 1695".

Dans le fond à gauche, nous découvrons une crucifixion : le Christ entouré des deux larrons (fin XVIIe siècle).

On raconte que, lorsque le baron de Rosen, seigneur d’Évegnée de 1753 à la révolution, grand bienfaiteur de la chapelle, y entra pour la première fois, il vit cette peinture sur l'autel et elle lui déplut parce que la vierge n'y figurait pas. Il la remplaça par la toile actuelle qu'il jugea plus heureuse.  

Sur les dalles en pierre bleue, les bancs en chêne sculpté, de la fin du XVIIe siècle, début XVIIIe, ont été restaurés et élargis. Sur deux des prie-Dieu, on peut lire, d'une part : "Ce siège appartinant à monsieur Loneux, vicaire de Mélent 1714", d'autre part : "Ce présent sciège est appartinant Warlimont mambour 1714".

Un des bancs est orné, à l'appui extérieur, des sept boules de la couronne de baron, signature du baron de Rosen.

Lors de la restauration, on a découvert deux petites peintures sur les traverses inférieures des bancs, recto-verso (ce qui laisse supposer qu'elles pourraient provenir d'un tryptique) ; ' elles mesurent approximativement 8cm x 30cm et on y distingue les découpes des mortaises ; elles semblent dater du XVIe siècle et représentent Saint Marc et la Vierge. (voir pages 6 et7 )

  • La chaire de vérité, en chêne ornée de dorures, date de la première moitié du XVIIIe siècle; le banc de communion et les stalles du chœur datent de la reconstruction de 1695.

  • L'autel de la fin du XVIIIe siècle est de style classique avec des colonnes à chapiteaux ioniques, il est surmonté d'un fronton cintré, avec le monogramme de Marie peint sur un cartouche couronné. Les deux angelots (début XVIIIe siècle) qui, de part et d'autre, brandissent des palmes proviennent de l'ancienne chapelle de Tignée démolie vers 1870 ; ils ont été restaurés anciennement, notamment les mains de l'un d'entre eux rongées par les vers du bois.

La crucifixion en toile de fond est de l'École liégeoise du XVIIIe siècle, don du baron de Rosen. Elle représente, autour du Christ, la Vierge et Marie-Madeleine ; les visages pourraient bien être des portraits contemporains.

  • Au-dessus des portes de la sacristie, les deux niches Louis XIII à coquilles avec des motifs végétaux abritent deux petits anges adorateurs fort appréciés pour leur grâce et leur expression.

Le devant d'autel, ou antependium, peint, avec médaillon la Vierge à l'Enfant, dans un décor de rinceaux de fleurs est un des nombreux dons du baron de Rosen.

La pierre d'autel pourrait, d'après la taille assez grossière de sa surface, être un reste de l'édifice précédent daté du XIIIe ou XIVe siècle.

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Le plafond du chœur représente la Vierge du Magnificat de Tignée, attribuée à Delcour, couronnée par deux anges et entourée par un chœur d’angelots ; de part et d'autre, les armoiries du Pape Pie XI et de Monseigneur Kerkhofs. Cette peinture, exécutée vers 1925 par J. Cambresier, a été offerte en grande partie par Catherine Scuvée d'Ayeneux, qui fut pendant vingt ans, maîtresse de coupe à l'école d' Évegnée et par la famille Kremer- Rutten.

Plusieurs têtes d'anges sont des portraits : on y reconnaissait les visages des nièces de l'abbé Mélon, Anne-Marie, Marthe et Madeleine Mélon, celui de Victor Detrembleur et des enfants Weertz.

Le plafond de la nef est orné, dans les caissons délimités par les poutres restaurées entre 1919 et 1925 par les menuisiers Habray et Franck de Bellaire, de peintures en style Louis XIII exécutées vers 1925 par J. Cambresier et offertes par de généreux donateurs.

Les peintures du milieu, plus grandes, rappellent les quatre grandes pratiques de dévotion à la Vierge :

1. Le Saint Rosaire : la Vierge à l'Enfant remet le Saint Rosaire à Saint Dominique.

2. La Reine des cœurs ou le Saint esclavage de Louis Marie Grignon de Montfort.

3. Le Saint Scapulaire.

4. La Médaille miraculeuse

Les huit autres peintures sont des invocations

des litanies de Lorette qui se prêtaient à une reproduction picturale.

De gauche à droite et de l'autel vers le porche :

1. Vase honorable, don de Melle Victorine MASSART.

2. Le Saint Rosaire, don de la famille MELON-PETIT.

3. Rose mystique, don de Melles V. et H. HOMPESCH.

4. Trône de la sagesse, don de Melle Catherine ETIENNE.

5. Saint esclavage, don de la famille AUGUSTE-BIERE.

6. Arche d'alliance, don de Melles M. et J. CHEVREMONT.

7. Tour d'ivoire, don de Melle Marie LEWALLE.

8. Saint Scapulaire, don de la famille MASSART-MASSART, grands-parents de Guillaume Massart qui fut président du Conseil de Fabrique.

9. Maison d'or, don de la famille CHEVREMONT-BONY.

10. Miroir de justice, don de la famille DERNIER.

11. Médaille miraculeuse, don de la famille BONY-DEMONCEAU.

12. Porte du ciel, don de la famille WEERTZ-DENIS.

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4. LA VIERGE DU XI siècle dite "Sedes Sapientiae"

Retrouvée au jubé de la chapelle par Mr. le curé VAN STRYDONCK vers 1909, elle fut déposée par ses soins, sur les conseils de Mr l'abbé GALAND, doyen de Soumagne et de Mr le juge JAMSIN de Fléron, au Musée Diocésain. Toutefois, la Fabrique d'Église de Tignée- Évegnée en est restée propriétaire : l'acte de reconnaissance de propriété a été signé le 1er juin 1949 par le Vicaire Général de l'époque, Monseigneur VAN ZUYLEN.

Cette exceptionnelle représentation de la Vierge date de 1050 environ. C'est une des plus anciennes " Sedes Sapientiae " du pays, une vierge dite " en majesté " d'une valeur archéologique inestimable.

Le comte de BORCHGRAVE d'ALTENA la décrit remarquablement :

"Conçue pour être vue de face, elle obéit à la loi de frontalité (comme beaucoup de statues archaïques de l'Antiquité).

Elle semble prolonger le siège qu'elle occupe pour servir de support presque matériel à l'Enfant, Dieu et Roi.

Siège de la Sagesse, elle porte le Maître du monde ; son corps massif n'est détaillé qu'en surface ; la tête est énorme, le masque fermé, l'expression boudeuse, les yeux fixes, le regard porté au loin.

Jésus est placé dans l'axe central du groupe, il se présente lui aussi strictement de face, il a les jambes longues démesurément ; adulte en miniature, il bénit de la main droite et serre contre lui un livre de la gauche. Le sculpteur n'a pas su dégager les bras du torse et a modelé ses membres en faible relief.

Cette manière de sculpter révèle des inexpériences de métier, il s'agit d'un sculpteur qui s'efforce de transposer dans l'espace et selon trois dimensions un modèle dessiné ou figuré en relief atténué ; cependant, comme l’œuvre est hiératique et ne manque pas de style, on ne peut admettre que nous avons affaire à un artisan rural copiant gauchement un travail très supérieur au sien..."

5. LA VIERGE MIRACULEUSE du XIIIe siècle.

La statue a dû être sculptée pour la nouvelle chapelle dont la construction date de la fin du XIIIe siècle ; mais des spécialistes la datent du XIVe, certains descendent même jusqu'au XVe siècle.

C'est Mr le curé MELON, récemment arrivé dans la paroisse en septembre 1918, qui la fit remettre en état et en restaura le culte qui avait été interrompu.

Lisons encore le comte de BORCHGRAVE :

"La seconde madone d’Évegnée est représentative d'un autre type d'images en l'honneur de la Vierge Marie ; autant la première est primitive, abstraite et lointaine, autant celle-ci révèle des sentiments plus humains.  

Il ne s'agit cependant pas déjà d'une madone bourgeoise, d'une de ces douces mamans comme nous en montreront nos "primitifs" peintres et sculpteurs, lissiers et brodeurs, verriers et orfèvres ; nous avons devant les yeux une princesse fière de présenter à la foule son Enfant.

Comme les statues des portails des cathédrales, Marie a une pose - détendue. Jambe gauche portante, la droite libre, la ligne générale est sinueuse sans outrance.

Un voile, arrêté aux épaules, couvre la tête ; un manteau formant tablier sur le devant cache en partie la robe souple, serrée à la ceinture ; un cordon relie le manteau.

Familièrement, la Vierge tend la main droite vers le pied gauche de l'Enfant-Jésus ; ce dernier bénit et on reconnaît encore en lui le petit Dieu de la statue primitive."

Haute de 95 centimètres, Notre-Dame d’Évegnée porte l'Enfant sur le bras gauche, la main droite soutient gracieusement le pied de Jésus ; ce geste très simple et très maternel, souligné par les plis du manteau, donne à la statue beaucoup de naturel.

Elle est vêtue d'une tunique drapée" à la grecque » ; son déhanchement est peu accentué : c'est le commencement d'un geste qui sera exagéré aux siècles suivants.

Les cheveux ondulés et retenus par un voile blanc sont cerclés de la couronne royale.

Le profil de la Vierge est plein de finesse et son sourire, à peine ébauché dans un visage peu animé, annonce les vierges postérieures au minois souriant.

Son regard lointain ne fixe pas les fidèles, mais semble se perdre dans une profonde méditation.

Si les deux vierges témoignent de la continuité d'une dévotion fervente, l'une nous fait remonter à des temps primitifs et rudes, l'autre à une époque plus polissée et courtoise.

Au jubé, outre la solide charpente, on remarque les traces de deux arcs romans découverts lors des travaux de restauration.

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La tour abrite deux cloches.

La plus grosse (180 Kg) sonne le mi. Elle fut fondue en 1908 par SERGEYS qui utilisera la plus ancienne de 1776 qui était fêlée. Elle a pour prénom Marie et ses parrain et marraine sont Mr et Mme BONY-DERKENNE.

La plus petite s'appelle Catherine comme le montre l'inscription en caractères ogivaux qu'elle porte : "Nomen meum Catharina est" ; elle date du XVIe siècle (ce serait une des plus anciennes de Belgique), pèse 100 Kg et sonne le fa.

Désormais, les habitants de la paroisse pourront à nouveau entendre le son des cloches dont le mécanisme a été remis à neuf et le fonctionnement programmé électriquement.

BREVE HISTOIRE DE LA CHAPELLE

Les paroisses d'Évegnée et de Tignée auront d'abord une existence tout à fait indépendante, conséquence de leur appartenance à des seigneuries différentes dont l'une était rattachée à la principauté, l'autre à l'empire germanique.  

Le premier élément d'union fut leur appartenance commune à la paroisse de Mélen. Pendant des siècles, ce fut en effet le curé ou le vicaire de Mélen qui venait dire la messe dans une des deux chapelles les dimanches et jours de fête. Comme preuve, voyez l'inscription d'un des bancs de la chapelle et pensez au nom d'un chemin de campagne de Cerexhe appelé "Voye dè prièsse" qui aboutit près de la fontaine d'Évegnée.

Plus tard, les Pères Carmes de la Xhavée suppléèrent le clergé de Mélen en assurant une des deux messes.

Le premier curé résident fut nommé en 1843 par Monseigneur VAN BOMEL, grand réorganisateur du diocèse : MT le curé XHAARD (sa tombe se trouve encore à Tignée, à l'emplacement du chœur de l'ancienne chapelle).

Si le nouveau curé fut très bien accueilli à Tignée, les habitants d' Évegnée, plus libéralisants, se rebiffèrent quelque peu avant de l'accepter; en tout cas, ils refusèrent de lui verser une indemnité pour dire la messe et ce fut l'administration communale qui s'y engagea en même temps qu'elle prenait en charge l'entretien de la chapelle.  

Le curé fit construire l'actuel presbytère de Tignée (1850) à proximité de la chapelle qui se trouvait dans le cimetière actuel et qui devait ressembler à la chapelle d'Évegnée pour la dimension et l'allure.

Il fit alors construire l'église qu'il voulut belle et surtout "pas inférieure à celle de Melen » !

Ce fut en effet un édifice de style ogival à trois nefs, de belles dimensions. Surtout pour un village de 200 habitants, qui fut achevée en 1868. La chapelle fut alors démolie ; les matériaux et le mobilier devinrent propriété de l’entrepreneur ; seuls, deux angelots échappèrent : ce sont eux que nous admirons au sommet de l'autel d' Évegnée.

Mort en 1879, Mr le curé XHAARD fut remplacé par Mr le curé HERZET (1879-1894). Un jour, il fut averti par le collège échevinal d'Évegnée que son indemnité était diminuée de moitié. Devant cet acte inamical, Mr le curé résolut de ne plus aller dire la messe le dimanche à la chapelle, seules, les obsèques des personnes inhumées au cimetière d' Évegnée seraient encore assurées.

Ce fut donc I ‘abandon de la chapelle : personne ne voulut s'en occuper, ni Mr le curé, ni la commune, ni la Fabrique d'Église.  

Mr le curé TOSSENS fut curé de 1894 à 1900, puis le curé VAN GENT de 1900 à 1903 sans que rien ne change.

Le 14 janvier 1903, Mr l'abbé VAN STRYDONCK devint curé de Tignée- Évegnée. Il n'eut de cesse de remettre en état la chapelle abandonnée depuis vingt ans et, avec la Fabrique d'Église, il commença les réparations indispensables.  

Or, le 18 juillet 1906, la foudre tomba sur l'Église de Tignée et un gigantesque incendie la détruisit complètement. La paroisse se trouvait sans église, mais la chapelle était là ! Elle servit donc pendant deux ans, d'église paroissiale. Mr le curé en profita pour la remettre en état. Il se mit aussi courageusement à la reconstruction de l'église de Tignée ; une inscription du porche commémore son œuvre : "Cura L.XHAARD erecta, fulguribus exuror; zelo A.VAN STRYDONCK renascor pulchrior" (érigée par le soin de L.XHAARD, je suis incendiée par les éclairs; gràce au zèle de A.VAN STRYDONCK, je renais plus belle). Elle fut consacrée en 1908.

La suite de l'histoire est alors rythmée par les deux guerres mondiales.

En 1914, sous le pastorat de Mr le curé FOSSOUL (1910-1918), les fenêtres furent brisées et un incendie allumé par les allemands s'éteignit miraculeusement.

Mr le curé MELON prit ses fonctions le 13 juin 1918. Le 8 septembre, le culte à Notre-Dame fut solennellement restauré. En 1920, la chapelle fut classée et une restauration complète fut entreprise entre 1919 et 1926. Les vitres et le mobilier furent restaurés ; on plaça la grille en fer forgé à la place de la porte massive en chêne qui, elle, fut adaptée à l'extérieur où il n'y avait rien. Les statues furent polychromées et un chemin de croix fut placé ; les poutres furent restaurées et celle du jubé renforcée par une poutrelle en fer masquée par le bois. On construisit le plafond sous le jubé et, quelques années plus tard, les caissons du plafond de la nef et du chœur reçurent leurs peintures.

On érigea le mur d'enceinte avec son grillage et la porte monumentale avec la pierre qui la surmonte.

En 1944-1945, deux robots tombèrent à proximité.

Le premier, le 17 décembre 1944, endommagea le toit et brisa toutes les fenêtres ; le second, le 2 février 1945, tomba en plein milieu du village, détruisit sept maisons sans qu'une seule personne fût blessée.

On vit là, la protection de Notre-Dame.

Depuis le 27 septembre 1949, les deux communes sont fusionnées à l'image de la paroisse, et la nouvelle commune s'est appelée Evegnée-Tignée malgré les efforts de Mr le curé MELON pour garder le nom de fa paroisse: Tignée-Evegnée...

Mr le curé MELON mourut en 1954. Lui succédèrent Mr le curé AIMONT (1954-1957, actuellement chanoine) puis Mr le curé DEMARET (1957-1962, décédé) et Mr le curé RAHIER, curé de 1962 à 1987 (décédé en 1989). À son départ, il ne fut pas remplacé et la paroisse fut administrée par le doyen de Soumagne l'abbé GERRATZ (décédé en 1991) et son vicaire l'abbé VAN MEERBEEK (actuellement curé de Saint-Hadelin).

Depuis 1976, la commune d'Evegnée-Tignée fait partie de l'entité de Soumagne.

Quant à la paroisse, elle est depuis deux ans administrée par Mr le curé de Mélen. Ce fut d'abord Mr l'abbé GROSJEAN et, depuis septembre, c'est Mr l'abbé P. GEENEN qui vient y dire la messe alternativement à l'église de Tignée et à la chapelle d'Evegnée ... comme avant 1843 !