Micheroux.png

Micheroux | Notre Dame de la Visitation

Marie-Thérèse PAQUAY

Sous le Régime Français
Le village de Micheroux était connu dans l’histoire sous le nom de
Mecheroul au 13ème siècle, Mecherul et Mychereut au 15ème. Alors que
nous étions sous le régime français, le premier plan d’organisation des
paroisses, approuvé par le gouvernement français le 28 avril 1803,
réunissait Micheroux et Retinne dans une nouvelle paroisse.
Le 8 juin 1803, le conseil communal de Micheroux objecta que sa commune
était trop petite, que les deux villages étaient sans église et que le coût de
sa construction et le traitement d’un desservant constitueraient une charge
rop lourde. Il suggéra de rétablir la situation de l’ancien régime en
maintenant les ¾ de son territoire dans la paroisse de Soumagne et le
reste dans celle de Melen. Sinon, il optait pour l’annexion complète à
Soumagne car ils étaient sans relation avec Retinne, qui depuis toujours dépendait de la paroisse de Fléron.
Cette seconde solution recueillit l’assentiment de l’évêque et du préfet de l’Ourthe et fut proclamée officiellement à la cathédrale de Liège le 9 octobre 1803.

Entre temps, le maire et les conseillers avaient certifié qu’elle répondait aux voeux des 9/10 de la population et que quelques uns seulement souhaitaient le rattachement à l’église de Melen, soit parce qu’ils avaient contribué aux frais de la construction, soit parce que leurs ancêtres y reposaient et parce que les communications étaient plus faciles.


Construction du premier édifice
Il faut s’imaginer le petit village de cette époque : en 1835, il y avait 19 habitations et, d’après un recensement de 1849, on ne comptait que 113 habitants. De petites gens, dont quatre seulement étaient propriétaires, agriculteurs pour la plupart. Il n’existait pas encore d’école ni de maison communale.
En 1838, le testament de monsieur Jacques-Lambert Gilman désignait le bourgmestre monsieur Lambert Mawet comme son héritier. A charge pour celui-ci, dans un délai de 20 ans, de construire et de meubler une chapelle sur un terrain désigné. Jusque là, les Micheroutois fréquentaient l’église de Fécher. Le 14 mars 1848, monsieur Mawet en demanda l’autorisation au roi. Bâtie en 1849-1850, la chapelle fut bénie par monsieur le doyen de Soumagne le 27 mai 1850.
Elle avait 142 mètres carrés de superficie et pouvait contenir au maximum 200 personnes. Au plafond du chœur, on remarquait quatre médaillons peints représentant saint Pierre, saint Paul, sain Lambert et saint Hubert.
Le 9 novembre 1872, madame d’Andrimont-Demet obtint de l’évêque de Liège la célébration d’une messe dominicale. Les Micheroutois devaient se rendre encore à Fécher pour les baptêmes, les relevailles, les premières communions, les confirmations, les mariages et les enterrements, ainsi que pour l’instruction religieuse des enfants.

Développement du charbonnage
Un événement de grande ampleur a changé totalement, au milieu du 19ème siècle,
le caractère, la vocation et la physionomie de notre village. Ce fut la concession en juin
1846 d’une mine de houille suite à la découverte d’une couche exploitable sous un territoire de 417 hectares. Dès 1852, l’extraction de charbon s’effectuait à Micheroux.
En 1858, fut constituée la société civile du Hasard dont le siège était à Micheroux.
A partir de 1870, elle commença à prendre un essor important. Pour loger les mineurs, on débuta à cette époque la construction de l’hôtel Louise, un modèle du genre
situé rue Paul d’Andrimont. Ce bâtiment fût malheureusement détruit.
Les « maisons des Groupes » ,situées rue Arnold Trillet, étaient occupées elles aussi par des mineurs. Elles furent construites en 1875. D’autres maisons et des magasins permettant de subvenir aux exigences des ouvriers furent construits le long de la grand-route. Une maison communale et une école appropriée aux besoins de la nouvelle population devinrent indispensables. Leur construction fut décidée en 1877
et menée à bien en 1878 par Jean Labhaye d’Othée d’après les plans de l’architecte Demany. Ces bâtiments contribuèrent aussi à l’augmentation de la population ouvrière de Micheroux.
Notre chapelle était donc déjà là bien avant ce charbonnage et bien avant l’école.

 

La nouvelle chapelle et ses desservants
Très vite cependant, grâce à l’essor du charbonnage, la chapelle devint trop petite. De plus, elle ne disposait pas d’un confessionnal. La population était en effet passée de 113 en 1849 à 198 en 1877. Ils seront 619 en 1902 et 670 en 1913.
Un poste de vicaire fut créé le 22 août 1901 dans la paroisse de Fécher. Celui-ci avait particulièrement en charge les fidèles de la chapelle de Micheroux.
L’abbé Hadelin Pirsoul, deuxième vicaire de Fêcher œuvra énormément à
l’édification de la nouvelle chapelle de Micheroux, fortement secondé par madame Paul d’Andrimont-Deprez, épouse du bourgmestre (de 1891 à 1913).
L’ancienne chapelle fut démolie en 1909 et la nouvelle, construite en briques et pierre calcaire, de style néo-gothique, fut édifiée en 1910 et mise en service au mois de mai. Elle fut incendiée par les Allemands en 1914, en même temps que la maison communale, puis reconstruite en 1921 telle qu’elle est maintenant.

 

Liste des vicaires de la paroisse de Fécher s’occupant principalement de
Micheroux :

En 1901 : Arthur Remacle
De 1901 à 1916 : Hadelin Pirsoul qui s’occupa de l’édification de la chapelle et qui fut très affecté par l’incendie du bâtiment. On dut alors célébrer la messe dans la salle des fêtes, au casino (rue Paul d’Andrimont).
En 1916 : François Califice.
De 1916 à 1924 : Ferdinand Gurny qui supervisa les travaux de reconstruction.
En 1924 : Maurice Stassen
De 1924 à 1929 : Paul Firquet
De 1929 à 1933 : Emile Theisen
De 1933 à 1934 : Ferdinand Noirfalize
De 1934 à 1941 : Benoît Baillot.
De 1937 à 1944 : Louis Danze vient suppléer. Le premier vicaire de Fécher logeait en face de la gare de Micheroux. On construisit donc le presbytère de Micheroux pour y héberger le second vicaire. Louis Danze a donc étrenné le presbytère de Micheroux et a été le premier vicaire résident.
De 1944 à 1945 : Jules Walrant a aussi habité le presbytère.
De 1944 à 1949 : Henri Pirnay
De 1950 à 1957 : Joseph Dister.
En 1951 : W. Nowacki
En 1952 : J. Gluszak (vicaire à Retinne de 1953 à 1959)
De 1957 à 1961 : Henri Crosset.
De 1962 à 1968 : Clément Donnay. Ce dernier était résident à Micheroux et y procédait aux premières communions et aux professions de foi.


Les trois curés de la paroisse de Micheroux
En 1968, Camille Goldfarb s’installa dans le presbytère de Micheroux en tant que vicaire. Il allait devenir en 1970 le premier curé de la toute jeune paroisse « Notre-Dame de la Visitation » de Micheroux. Il était curé d’une paroisse épiscopale puisqu'aucun conseil de fabrique n’était encore attaché à Micheroux. On y accueillit aussi, à cette époque, une communauté Italienne qui y célébra la messe quelques années.
Malgré son nouveau titre d’église, on a toujours maintenu l’habitude d’appeler l’édifice « chapelle ».

 

L’abbé Rummens lui succéda de 1973 à 1978 avant de partir en mission au Vénézuela.
Celui-ci emmenait les retraites de professions de foi à l’école du Sartay à Embourg.
Il y fit la connaissance des sœurs du Sacré-Cœur que nous hébergeâmes plusieurs années.
Ces religieuses étaient toujours disposées à prêter main forte à la paroisse : catéchèse,
visite des malades, groupe de prière ... Elles nous ont quittés en 1992 et nous
gardons un souvenir ému de sœur Anne, de sœur Gabrielle, de sœur Justine, de sœur Maria, de sœur Mariette.

 

Dès 1977, un conseil de fabrique est attaché à la paroisse de Micheroux.
En 1978, le père Charles Roussel, missionnaire Scheutiste revenant du Congo, reprend la tête de la paroisse. Il eut le grand bonheur d’avoir parmi ses paroissiens un futur prêtre et une ordination en 1992 ; la première messe de José Gierkens fut concélébrée par une petite dizaine de prêtres dans la salle omnisports de Micheroux, magnifiquement décorée pour la circonstance. Le père Charles fut le troisième et le dernier curé
de Micheroux.

L’Unité pastorale de Melen
Depuis 2000 nous faisons partie de l’unité pastorale de Melen avec les paroisses de Cerexhe-Heuseux, d’Evegnée-Tignée et Melen. Avec bonheur, nous avons élargi nos horizons et rencontré d’autres façons de faire. Nous collaborons le mieux possible au sein des différentes équipes.
Nous y avons rencontré trois prêtres : l’abbé Paul Geenen (2000-2002), l’abbé Jean-Marie Bui (2002-2009) et ensuite l’abbé Vital Nlandu. Ce dernier, par coïncidence historique, a été acolyte du père Charles, alors vicaire à Kidima au Congo.

Un coup de fraîcheur pour le centenaire
C’est avec l’abbé Vital que nous fêtons le centenaire de notre église, magnifiquement repeinte pour la circonstance. Un merci tout particulier à Jeannine Volders qui a orchestré les travaux et aussi à l’abbé Herman Brouwers curé de Nidrum et aumônier du camp d’Elsenborn. Il nous a en effet donné le chemin de croix de la chapelle du camp militaire de Voegelsang aujourd’hui désacralisée à cause du retour des troupes
belges au pays. Ces dessins au crayon et au fusain est de 1952 sous le trait de monsieur Schumacher. Il était peintre à Mechernich, en Allemagne.

 

Ce tour d’horizon historique de notre paroisse se termine. Je voudrais cependant, et en guise de conclusion, ajouter une petite note à propos du vocable « Notre-Dame de la Visitation ». Notre chapelle est située sur un axe très fréquenté, au carrefour des chemins. Une terre de visite. Nous nous y efforçons d’y accueillir chaleureusement ceux qui y passent et ceux qui y restent. Les nouveaux sont toujours les bienvenus. La communauté polonaise y a trouvé sa place et magnifiquement décoré sa vierge noire de Czestochowa.
Comme Marie, avançons vers la rencontre, sur les chemins qui mènent vers l’autre !
Micheroux, assomption 2010
Mady Hansez